11 novembre 2008
BIG BROTHER
DARCOS VEUT SURVEILLER L'OPINION !
Le ministère de l'Éducation Nationale vient de lancer un appel d'offre pour la Veille de l’opinion.
L'objectif
affiché est l'identification des sources d'information et des lieux de
débats, sur Internet, qui peuvent constituer un "risque opinion" et
provoquer des crises impliquant son ministère.
Dans la ligne de mire du ministère on trouve en vrac les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. Mais aussi les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne. En fait tous les endroits sur le net où on est susceptible de parler de l'École. Tous les endroits aussi où la libre circulation de la parole est permise.
Le Ministère demande au KGB à son prestataire de service de repérer
les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel
d’influence et leur capacité à se constituer en réseau, d'anticiper et
évaluer les risques de contagion et de crise, et surtout de l'alerter et préconiser en conséquence.
L'alerter d'une part sur les thèmes prédéfini(s) par la personne publique mais aussi sur les thèmes émergents signalés par la CIA le prestataire: Les
thèmes émergents seront identifiés dans le cadre de l’activité de
veille Internet qui permettra de mieux anticiper les mouvements
d’opinion et les critiques et de détecter systématiquement les signaux
faibles de crise.
Et après cette surveillance et ce repérage, quelle sera la prochaine étape ? Connaissez-vous une surveillance qui ne s'accompagne d'aucune sanction ?
Alors qu'il affirme dans Le Monde (7/11/2008) à propos de ses réformes : « Je crois que cette adhésion, elle vient. » il s'apprête à dépenser 100 000 € par an pour fliquer sur l'Internet ce qu'on peut dire de sa politique. Monsieur le Ministre, nous pouvons aisément vous faire économiser beaucoup d'argent. Si vous voulez vraiment connaître le sentiment de vos personnels sur vos réformes, ouvrez votre fenêtre, ils sont dans la rue. Ou mieux adressez-vous à leurs représentants.
Toutes les citations sont extraites du Cahier des clauses particulières CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008 joint à l'appel d'offre.

